Autoconstruction |
|
|
|
![]() Écologie, développement durable et circuit courtFaire ses meubles soi même permet certes d'économiser de l'argent et d'éprouver le plaisir de pratiquer une activité manuelle créatrice, mais c'est aussi une démarche orientée vers l'écologie. En pratiquant l'auto-construction à partir de produits de base (pour nous les planches brutes) issues des forêts locales vous favorisez un « circuit court ». En utilisant cette ressource renouvelable vous vous inscrivez dans le « développement durable ». En construisant vous même vos meubles, vous satisfaisez une partie de vos besoin et vous renforcez votre autonomie. Un retour aux sourcesLa société hautement industrialisée dans laquelle nous évoluons procure à la quasi totalité d'entre nous la satisfaction de nos besoins de base : nourriture et logement. Or celle-ci ne fonctionnerait bien que dans un contexte d'éternelle croissance. Depuis plusieurs décennies il s'agit de créer de nouveaux besoins. Une éternelle course en avant augmente sans cesse le niveau de standard. Ainsi dans les années 30 il était question de chauffer les habitations à 16°C, aujourd'hui qui accepte encore de vivre en dessous de 20°C ? La climatisation commence à se répandre, et ce qui était il y a peu un luxe inaccessible devient pour beaucoup une nécessité. Nos « besoins » augmentent sans cesse, l'offre du marché se décale vers le haut : essayez d'acheter neuf une chignole à main (c'est devenu une antiquité) ou une voiture avec un moteur de moins 60ch. (une berline familiale des années 70, la R12 avait un moteur de 54ch, tandis que la plus petite voiture du même constructeur aujourd'hui, la Twingo2 reçoit des moteurs de 60ch à 100ch). Sommes-nous deux fois plus lourds qu'il y a quarante ans ? Par ailleurs, alors qu'un ménage français en 1960 consacrait 25% de son budget pour acquérir de la nourriture simple, aujourd'hui l'alimentation ne pèse plus que 12% alors que les produits sont de plus en plus élaboré (emballages, plat cuisinés...). De tels exemples peuvent être multipliés à l'infini, dans tous les domaines, et il ne fait plus doute que ce système va de plus en plus vite dans le mur... en marchant sur la tête ! Lequel mur se concrétise par les limites -finies- de notre planète, mais ce n'est pas le propos. Plus de libertéQuoiqu'il en soit, les besoins augmentant sans cesse, c'est de plus en plus de travail d'autres humains qu'il faut pour les satisfaire. Dans ce contexte "travailler plus" devient une fatalité. Répondre soi-même a ses besoins est une autre alternative. Ce n'est pas de l'oisiveté, c'est de l'activité. Cette activité n'est plus considérée comme du travail mais comme des loisirs, lesquels sont associés à la liberté. Cette solution est pertinente quand l'argent se fait rare et que le temps ne manque pas... faute de travail, comme en cas de chômage. Dans ce cas, répondre soi-même à ses besoins permet certes d'améliorer sa situation matérielle, mais surtout d'éprouver de la joie, d'acquérir de nouvelles compétences et d'augmenter l'estime de soi. ![]() Les meubles industrielsPour revenir aux meubles, le marché de masse nous propose force meubles en panneaux de particules. Ceux-ci ne manquent pas d'avantages : un large choix de décorations, démontables ils se transportent facilement, parfaitement fonctionnels ils s'adaptent à tous les usages et le fonctionnement des portes et tiroirs est particulièrement agréable. Par contre ils sont issus de procédés industriels sophistiqués, dévoreurs d'énergies et de ressources naturelles pour réduire le bois en miette et le sécher, fabriquer et les colles et les revêtements décoratifs. Ces énormes unités de productions étant peu nombreuses, ces meubles sont transportés sur de longues distances. Enfin ces meubles dégageraient des produits toxiques irritants, les formaldéhydes, qui polluent gravement l'air intérieur des habitations (vive l'odeur du neuf !). Les meubles anciens![]() Il y a encore un demi siècle (les colles adéquates ne se sont développées qu'à partir des années 30) , les meubles courants de faible valeur, étaient fabriqués de planches de bois tendre, assemblées plus ou moins adroitement par un amateur averti. Ils remplissaient néanmoins le même besoin de base (ranger des objets) que les meubles modernes tout en étant économes des ressources naturelles : utilisation de bois issu de la scierie locale, utilisation parcimonieuse de colle et quelques articles (charnières, serrures) de quincaillerie. Ne faisant appel qu'à des techniques simples, transmissibles de bouche à oreille et largement diffusées, la réalisation de ces meubles était à la portée de chaque petit groupe humain. Les meubles des Ateliers de BaumaresqueLes meubles réalisés selon notre technique sont très proches de ces réalisations populaires. Un brocanteur disait de nos meubles : « C'est exactement les meubles que nous achetions pour presque rien dans les fermes il y a encore vingt ans, mais maintenant on n'en trouve plus. ». ![]() Comme nous utilisons des outils électriques et des moyens de fixation extraordinairement performants, l'expérience, l'adresse et la force physique ne sont plus indispensables pour réaliser de beaux meubles en un temps record. Certes, de point de vue écologique, la technique de construction de meubles que nous proposons critiquable, de part les vis et la colle utilisées en quantités, et du fait de l'usage immodéré des outils électriques avides d'énergie. Néanmoins, le bois, qui est le constituant essentiel des meubles, est un matériau renouvelable, stockant du carbone et produit localement en France. En plus les chutes servent de combustible pour le chauffage. Nouvelle déculpabilisante, il paraît que les produits Sika (www.sika.fr) respectent l'environnement. La plupart des vis peuvent se récupérer si on se donne la peine de les retirer du meuble une fois la colle sèche. De même avec un peu plus de temps on peut utiliser des outils manuels, ceci avec d'autant plus d'efficacité que le bois utilisé est particulièrement tendre. Au cours du stage nous donnons la priorité à la réalisation du meuble en un temps limité. A chacun ensuite d'adapter sa pratique à sa sensibilité en remplaçant l'électricité par l'huile de coude, et en utilisant colle et vis avec parcimonie. ![]() Aller plus loinNotre technique de construction de meuble est largement improvisée. Il n'y a pas de plan établi à l'avance et les décisions sont prises au fur à mesure de la réalisation du projet. Les planches ne sont pas vraiment droites, ne font pas tout à fait la même épaisseur. Certaines se fendent, d'autres ont des nœuds pas toujours bien placés. C'est en cherchant et en apportant une solution à ces petits problèmes que l'on prend de l'expérience, et que l'on développe l'habilitée et surtout l'adaptabilité. En bref: ça rend malin ! Il s'agit là d'un enrichissement personnel considérable qui s'exprimera volontiers lors de projets ultérieurs, qu'il s'agisse de bricolage bien sûr, où d'autres domaines d'activité pas nécessairement manuels d'ailleurs. En tout cas, avec une technique très proche de celle des meubles, on peut construire des aménagements extérieurs tels les pergola, abri de jardin et cabanes. |
|